Le Département 82 - 96 : Mai 2019

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Chiffres clés

306 assistants familiaux en Tarn-et-Garonne

656 places

18 agréments accordés en 2018

Savoir garder la bonne distance avec les enfants qui nous sont confiés.

Caroline Amat, assistante familiale

Retour En avant

Le cœur et les bras ouverts

Il arrive parfois, pour diverses raisons, qu'un enfant soit séparé de sa famille. Dans ce cas-là, l'enfant est « placé » soit dans un établissement adapté soit chez un assistant familial agréé. L'assistant familial forme avec les personnes résidant à son domicile une famille d'accueil ; il accueille chez lui, à temps complet ou en séquentiel, un ou plusieurs enfants qui lui sont confiés de façon temporaire par les services sociaux. Pour en savoir plus sur le métier d'assistant familial... rencontre avec l'une d'entre elles.

Lorsque Caroline Amat nous accueille chez elle, elle est en compagnie de Marie, une petite fille de 4 ans comme toutes les autres, sauf que Caroline, chez qui elle vit de façon permanente, n'est pas sa maman. En effet, peu après sa naissance, un juge a décidé qu'il était préférable pour elle d'être confiée à l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Marie a été placée chez Caroline, une des assistantes familiales agréées du département. à les voir toutes les deux, à vivre ensemble depuis quasiment la naissance de Marie, on se pose la question de la nature des liens qui les unissent. Caroline a accepté de répondre en précisant que chaque cas était différent : « Lorsqu'on accueille un enfant il faut bien sûr être capable de lui donner de l'affection mais il faut aussi, c'est absolument nécessaire, être capable de garder une certaine distance. Je ne suis pas la mère des enfants que j'accueille, je le sais et ils le savent. Personne ne doit l'oublier parce qu'à un moment donné ils vont partir et, dans le meilleur des cas, retourner auprès de leurs vrais parents. Alors forcément que l'on s'attache et que la séparation peut être un déchirement.»


Difficile mais tellement enrichissant

Bien plus qu'un métier, un véritable projet de vie qui n'est pas facile tous les jours parce qu'il charrie énormément d'émotions auxquelles il faut être capable de répondre avec le plus de justesse et de professionnalisme possible. Alors qu'est-ce qui conduit à vouloir exercer cette profession ? « J'ai toujours été attirée par le contact humain. Quand j'ai eu ma fille, j'ai décidé de devenir assistante maternelle. J'ai exercé pendant 5 ans mais il me manquait un peu plus de profondeur dans ma profession. Je me suis rapprochée de la PMI et j'ai entamé les démarches pour devenir assistante familiale. Agréée en 2012, j'ai obtenu le Diplôme d’état assistant familial, désormais obligatoire et j'ai suivi une formation de 300 heures sur deux ans. C'est important, on apprend beaucoup de choses. »


Un travail d'équipe indispensable

Pour Caroline, les expériences se sont succédées depuis 2012 avec des enfants plus grands, une fratrie, des enfants pour lesquels il faut faire un relais temporaire... C'est différent à chaque fois et il faut s'adapter. Les problématiques ne sont jamais tout à fait les mêmes. Parfois on est confronté à la violence de ces enfants et il faut pouvoir accepter de renoncer, pour le bien de chacun. Mais, heureusement, les assistants familiaux font partie de l'équipe pluridisciplinaire de l'ASE et peuvent échanger régulièrement avec des professionnels, notamment avec des psychologues, pour évoquer leur situation : « J'ai vraiment le sentiment de faire partie d'une équipe. En ce qui me concerne par exemple, la personne référente pour Marie (chaque enfant placé a un référent au sein de l'ASE) vient la voir tous les mois. Tous les mois on a également une journée de supervision où on se retrouve à l'ASE, avec d'autres assistants familiaux et un psychologue extérieur pour parler et échanger des expériences. C'est utile car cela nous permet de garder ou de retrouver la bonne distance avec « nos » enfants. »


Le métier d'une vie

Aujourd'hui, pour répondre à une demande plus forte, notamment avec l'arrivée de nombreux Mineurs non accompagnés il faut de plus en plus d'assistants familiaux mais, forcément, tout le monde ne peut pas faire ça, comme le confirme Caroline, même s'il est nécessaire que les assistants familiaux aient des profils différents : « Je crois qu'avant tout il faut avoir une bonne dose de bon sens, le sens de l'observation, une capacité à s'adapter et surtout savoir communiquer. Il faut aussi savoir garder ses distances, dans un sens comme dans l'autre, parce qu'on a tous été, à un moment ou à un autre, dépassé par une situation. Et bien sûr, il faut avoir quelque chose à donner, du temps, de l'écoute, de l'affection, de la tendresse, de la compréhension, de la solidité, selon les cas. Plus j'avance dans ce métier, plus il me plaît. J'ai trouvé ma voie ! » Et si Caroline s'épanouit dans son métier, cela ne peut être que favorable pour les enfants qu'elle accueille.

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